Vélo et Santé

Pratiquer le cyclisme pour être en forme et vivre plus longtemps ?

 

Pratiquer un sport en général, et le vélo en particulier, c’est bon pour la santé. Je pense que tout le monde doit être d’accord avec ça, pour autant que l’on tienne compte de certains points, tels les éventuelles contre-indications, les conseils de base concernant l’équipement et l’entraînement, etc …  Mon blog a notamment pour but d’apporter des éléments de réponse, voire de réflexion, pour tendre à la pratique du vélo dans les meilleures conditions possibles.

Cette question de la santé est tellement liée à la pratique d’un exercice physique que des initiatives naissent ici ou là pour concrétiser cette corrélation sport/santé dans un cadre prédéfini. Je pense ici à l’action initiée par la Mairie de Strasbourg. Voir mon article « Vélo sur ordonnance » publié le 2 décembre 2012.

Mais la question de l’accroissement de l’espérance de vie est posée après les résultats d’une étude auprès des cyclistes du Tour de France, et ce malgré les risques liés au dopage.

Avant de regarder les constatations étonnantes de cette recherche scientifique, rappelons rapidement les bienfaits de la pratique du cyclisme, sous toutes ses formes.

 

1 – Les conséquences du vélo en terme de santé

 

11 – Les bienfaits

– Travail musculaire

Ce sport, pratiqué en plein air, correspond à une activité physique très complète. Outre le fait de développer les qualités d’adresse et d’équilibre, le vélo est excellent au niveau de l’endurance cardiovasculaire et musculaire. En effet, le vélo fait travailler d’abord le muscle cardiaque qu’est le coeur, puis les abdos, les pectoraux, les muscles des bras, du dos, des fessiers, et bien sûr des jambes. Mais, on reconnaîtra que le vélo fait plus travailler les muscles des membres inférieurs, que les autres.

– Perte de poids

La pratique du vélo, régulière et en endurance, est un moyen efficace pour perdre des kilos superflus. Vélo et alimentation surveillée (je n’ai pas dit « régime ») sont les deux composantes indissociables d’un bien être physique alliant poids d’équilibre (je n’en suis pas ici à la notion de poids de forme des compétiteurs) et sensation d’être bien dans sa peau.

– Les plus pour les cyclistes féminines

Vu sur un site de santé visant plutôt nos amies féminines: « le vélo est un excellent moyen de faire la chasse à la cellulite« , grâce au mouvement de pédalage qui favorise la circulation sanguine, en faisant notamment travailler les muscles profonds. Ce mouvement de flexion-extension de la jambe augmente le retour veineux. Attention à la hauteur de la selle: quand on parle d’extension, cele ne veut surtout pas dire que la jambe doit être tendue lorsque la pédale est en bas. Petit rappel: pour déterminer sa hauteur de selle (de manière non scientifique, mais efficace), il faut que le bassin reste horizontal en pédalant, et que la jambe ne soit pas tendue quand le pied atteint la position la plus basse.

De plus, la pratique régulière du vélo favorise le développement osseux (augmentation du calcium dans les os).

– Autres avantages santé

Le cyclisme apporte également des gains en matière  de capacités respiratoires, si la pratique est régulière. On observe aussi une baisse de la tension artérielle.

12 – Les contre-indications

 

Le vélo, c’est la santé; toutefois il ne faut pas s’y aventurer la fleur au fusil, surtout si on n’a pas fait de sport depuis un certain temps. Des précautions s’imposent.

Pour diminuer les problèmes de santé, le choix du vélo est primordial: type de vélo, taille, position, qualité des composants du vélo et notamment des points d’appui, etc …  Le port du casque est par ailleurs vivement recommandé. Au niveau des inconvénients, signalons les douleurs lombaires et cervicales, les risques de chute dont les conséquences peuvent parfois être graves. Pratiquer un autre sport (notamment pendant l’inter-saison) présente l’avantage de contrebalancer les effets résultant de la pratique du cyclisme. A cet égard, pratiquer une activité sportive faisant plus appel au haut du corps est bénéfique (squash, volley-ball, exercices spécifiques en salle de sport, …).

Au chapitre des contre-indications proprement dites, on appellera à la prudence le pratiquant sédentaire, qui plus est fumeur, qui a atteint la cinquantaine avec une certaine surcharge pondérale (même modeste). Avant de se lancer dans cette activité du cyclisme, passer obligatoirement par la case médecin traitant. Celui décidera du check-up nécessaire avant de donner son feu vert.

Autant le vélo est particulièrement adapté en rééducation des genoux par exemple, à la suite d’un accident, autant le cyclisme peut poser des problèmes quand le pratiquant souffre initialement d’arthrose (tassement de vertébres), de douleurs articulaires tant aux genoux qu’aux hanches. En effet, une fragilité du genou, des problèmes cardiaques, des sciatiques récurrentes constituent des états pas vraiment compatibles avec le cyclisme.

Enfin, les hypertendus devront obligatoirement consulter leur médecin avant de commencer le vélo.

Je concluerai ce premier chapitre en réaffirmant que la pratique du vélo est globalement bonne pour la santé, à conditions de préparer sérieusement sa venue à cette activité physique à vocation plus ou moins sportive selon chacun. Aussi, et je le rappelle souvent dans mes articles, je conseille vivement de consulter son médecin traitant avant de démarrer. Celui-ci, qui vous connaît bien, saura vous conseiller en s’appuyant, si nécessaire, sur tout examen qu’il lui paraîtra médicalement utile.

2 – Quand une étude scientifique démontre que les cyclistes du Tour de France vivent plus longtemps

 

21 – Le contexte

 

Un communiqué publié le 3 septembre 2013 nous apprend que des équipes de plusieurs institutions scientifiques (1) ont étudié la durée de vie des 786 coureurs cyclistes français qui ont terminé au moins une fois le Tour de France depuis la reprise de l’épreuve après la Seconde Guerre Mondiale.

Ce sont les décès prématurés de grands champions cyclistes tels Tom Simpson, Marco Pantani, Laurent Fignon, qui ont conduit la commission sénatoriale de lutte contre le dopage à demander à la communauté scientique de  se pencher sur la problématique des risques à long terme en lien avec la pratique du haut niveau.

22 – Les principaux résultats

 

Statistiquement, les coureurs français du panel étudié représentent 30 % des engagés depuis 1947. 208 cyclistes (soit 26 %) étaient décédés au 01-09-2012. Il s’agit pour les deux tiers de cause cancéreuse ou cardiovasculaire.

Un des résultats de l’étude est que la mortalité de ces coureurs cyclistes est 41 % plus faible que celle de la population générale. Ce constat corrobore en fait celui déjà mis en lumière depuis une vingtaine d’années en ce qui concerne de nombreux sports. Cette moindre mortalité est avérée dans le cas de différentes pathologies: cancer, mortalité respiratoire ou cardiovasculaire. L’étude met en exergue le fait que cette réduction de mortailité est associée à une augmentation de la durée de vie des coureurs. Cette longévité supplèmentaire a été calculée à 6.3 ans de plus par rapport à l’ensemble de la population.

En revanche, la proportion de décès suite à des accidents de la route liés à la pratique du vélo est du même ordre que celle observée dans la population masculine du pays. Cependant ces décès traumatiques prédominent chez les coureurs décédés jeunes.

23 – Les limites de l’étude

 

Les auteurs de l’étude reconnaissent implicitement quelques limites à ces résultats. En effet, la population étudiée n’est pas vraiment homogène, des facteurs exogènes pouvant peser sur la prévalence de telle ou telle pathologie.

Pour affiner cette recherche, il conviendrait de tenir compte d’autres paramètres tels que:  prédispositions génétiques, lien entre performance et durée de vie, suivi longitudinal organisé par la FFC,  modes de vie après la carrière sportive, tabac, poursuite d’une activité sportive.

 

 

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